12
Avr
2019
wifi, 5g quelle technologie à bord des véhicules connectés

Wi-fi, 5G : quelle norme en Europe pour les véhicules connectés ?

Source : les Echos, par Sébastien Dumoulin, le  9 avril 2019

La question est au centre d’une bataille féroce à Bruxelles entre constructeurs, fabricants de puces et opérateurs télécoms. Alors que la communication entre véhicules et avec son environnement doit permettre de résoudre quantité de problèmes liés au transport.

A ma gauche le wi-fi, technologie éprouvée encore invaincue à ce jour ; à ma droite la 5G, le réseau mobile du futur, bien décidé à en découdre. Deux adversaires farouches pour un titre prestigieux : devenir la norme de connexion des voitures de demain en Europe. C’est peu ou prou en ces termes que se pose le conflit technologique majeur qui doit être tranché à Bruxelles ces jours-ci.

Le choix aura une portée considérable. Il ne s’agit pas que de passer un coup de fil depuis l’habitacle ou de regarder Netflix sur la banquette arrière. Permettre aux véhicules de communiquer entre eux et avec leur environnement est une des clefs pour résoudre pléthore de problèmes liés au transport.

En se coordonnant, les voitures pourront anticiper des freinages d’urgence et réduire la mortalité sur les routes. Elles pourront éviter d’elles-mêmes la formation de bouchons sur les grands axes. Voire circuler en file indienne à quelques centimètres d’écart sans risques, ce qui serait la clef de précieuses économies de carburant pour les camions par exemple.

Le géant Volkswagen à la manoeuvre

Si tout le monde s’accorde sur l’intérêt de connecter les véhicules, les avis divergent sur la meilleure manière d’y parvenir. La technologie qui tenait la corde jusqu’à présent, baptisée « ITS-G5 », s’apparente à une connexion wi-fi. Elle permet de faire se parler deux voitures entre elles, ou avec un équipement fixe au bord de la route, jusqu’à quelques centaines de mètres de distance.

Parmi les principaux promoteurs du wi-fi, on trouve les géants européens de l’auto Volkswagen et Renault, mais aussi le fabricant de puces néerlandais NXP. Leur argument principal : la technologie est d’ores et déjà disponible. Les industriels ont investi dessus. Volkswagen équipera largement sa gamme dès 2019.

Le réveil des telcos

La « team wi-fi » avait remporté une première victoire l’an dernier, quand la Commission européenne s’était prononcée pour l’adoption rapide de son standard, à travers une proposition d’« acte délégué au titre de la directive sur les systèmes de transport intelligents », qui devait simplement recevoir l’aval du Parlement et des gouvernements des Vingt-Sept.

Mais l’industrie des télécoms, quoique tardivement, a fini par se réveiller, entraînant dans son sillage d’autres industriels – PSA, BMW ou Audi pour les constructeurs, Qualcomm pour les puces -, persuadés que l’arrivée de la 5G change la donne et qu’il sera bien plus efficace de faire transiter les communications des véhicules par les réseaux télécoms de nouvelle génération.

Lundi soir, à la surprise des observateurs, la commission Transport du Parlement s’est rangée à leurs arguments, en votant largement contre le texte de la Commission. Le Parlement fera-t-il de même la semaine prochaine en séance plénière, renvoyant de facto la décision finale après les élections européennes ? Que décideront ensuite les Etats membres, eux-mêmes divisés ? Les jours prochains ne seront pas de tout repos pour les lobbyistes du wi-fi comme de la 5G.

Laisser un commentaire